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dimanche 1 novembre 2020

 Essai sur la toponymie  de la commune de Montauroux (Var)



Gaby Chabaud – Mathieu Cecchinato




Remerciements :


Nous remercions pour leur aide précieuse : la municipalité de Montauroux, Elisabeth Sauze, Josiane Ubaud, Henri Bresc, Daniel Daumas, Jean-Luc Domenge.

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Pour toute demande complémentaire vous pouvez nous contacter aux adresses suivantes : 

mathieu.cecchinato@gmail.com (Mathieu Cecchinato)

maracabre@wanadoo.fr (Gaby Chabaud)


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Introduction :

Cet ouvrage propose une étude toponymique du territoire de Montauroux à partir des noms de lieux mentionnés sur le cadastre napoléonien rédigé en 1839. 

Il est le fruit d'un long travail qui a nécessité une étude de plusieurs cadastres terriers de la commune : ces documents, où figurent les noms des habitants et leurs biens localisés avec précision, ont été rédigés dès la fin du XVIe siècle afin de payer des impôts et ils sont aujourd'hui une source remarquable d'informations. 

L'étude des différents cartes concernant cet espace, la compilation de documents issus des archives, la prise en compte de l'histoire du village et une enquête auprès de montaurousiens ont permis d'affiner cette recherche .

Il n'en reste pas moins que certains noms de lieux résistent à toute interprétation facile, ils ont subi de nombreuses transformations au cours du temps ou ont été fixés dans des époques très anciennes et dans des langues maintenant disparues, ce qui nous oblige quelquefois à proposer des hypothèses. Il faut ajouter que la connaissance du provençal est indispensable pour réaliser ce travail, la plupart des toponymes ayant été précisés dans cette langue depuis le Moyen Âge.

Depuis très longtemps, de nombreux peuples ont vécu sur ce territoire qui correspond aujourd'hui à la commune de Montauroux. Ces populations ont désigné dans leur langue et par nécessité tous les lieux qu'elles ont fréquentés : zones d'habitat, de chasse, de cueillette, de cultures, d'élevage, d'activités artisanales et autres … 

Il en résulte un grand nombre de noms appelés toponymes qui désignent les différents quartiers de l'espace communal et qui ont, en conséquence, tous une signification.

Certains ont traversé les millénaires, ils sont de véritables messages fixés à une date précise ; mais rhabillés par la suite par l'usage de nouvelles langues parlées leur sens d'origine en devient opaque.

Quelquefois la racine ou base de ces mots est repérable et correspond à ces langues parlées avant l'arrivée des Romains dans notre région ; la toponymie les qualifie alors de mots pré-latin. Ils désignent en général des rivières ou des éléments du relief et se retrouvent bien sûr dans d'autres territoires permettant de ce fait de possibles interprétations.

On peut en repérer plusieurs dans notre commune, ils sont les témoins de ces langues anciennes disparues : Cuguillade désigne une colline ou montagne arrondie (Cuguillons à Aups, sommet de Cuguyon à Archail) ; Touars ou Touos correspond à un plateau élevé permettant de dominer le paysage environnant (La Garde, Vidauban, Les Arcs, Thoard) ; Siagne et Biançon sont des mots issus de ces langues pré-latines pour désigner des cours d'eau.

La mise en valeur du territoire par les Romains laisse une empreinte forte : établissements agricoles, villas, aqueduc. Le bas latin parlé par les gens du peuple donne naissance à la langue d'oc ou occitan qui prend la forme du provençal dans notre région ; en conséquence la plupart des noms de lieux sont fixés dans cette langue dès le Moyen Âge. On les retrouve dans de nombreux documents : chartes médiévales (cartulaire de Lérins, Cluny, Fréjus), délimitations communales, cadastres terriers, cadastre napoléonien établi en 1839, carte de Cassini vers 1780, carte des frontières de l'Est dressée par des ingénieurs militaires vers 1778. Autant de documents qui permettent de suivre l'évolution des mots et retrouver quelquefois leur forme d'origine.

Le nom du village

Le nom actuel de Montauroux désigne un habitat fortifié ou castrum construit sur un lieu élevé. Les documents les plus anciens contenus dans le cartulaire de l’abbaye de Lérins (XIe siècle) mentionnent mons aurosus qui signifie  - le mont doré - mais il faut probablement retenir l’épithète doré, non pas au sens propre (même si l’on peut le voir comme particulièrement ensoleillé), mais au sens figuré : remarquable ou admirable. Au XIXe, on l'a traduit par montagne du vent, « aura » désignant la brise alors que ce village n'est pas plus exposé que ses voisins ! Ce premier document écrit n'est sans doute que la latinisation d'un mot plus ancien, bâti sur une racine pré-latine AUR qui a donné AURON et liée à la présence de l'eau. Montauroux n'est donc pas la montagne des vents mais plutôt le mont où abondent les sources (ce qui est d'ailleurs le cas et donc une spécificité remarquable de ce lieu) ; d'ailleurs la forme provençale Montauron ou Mountauroun vient confirmer cette hypothèse.

La désignation du territoire

Les noms de lieux décrivent la géographie du territoire de Montauroux. Les premiers cadastres différencient quatre grandes zones : la partie Nord correspondant à la zone calcaire, véritable piémont où se trouve le village ; la partie centrale nommée le Plan réservée à l'agriculture, puis au sud la zone de terrains friables (grès et gneiss) appelée Friaoud qui borde la maure zone de roches primaires où la forêt est dense et sombre.

Le relief tourmenté est associé à de nombreux toponymes : Serre-Long indique une crête allongée ; Puy, Pijaubert, Peygros évoquent des collines au sommet arrondi ; les nombreux colle, collet font référence à ce paysage de petites collines ; vallons, combes, cros, marquent les creux de cet ensemble alors que les clots désignent des endroits plats ; la Coste indiquant le coteau ou flanc de cette colline. Quelquefois ce relief devient abrupt, on rencontre alors les Barres ou bien il présente une véritable rupture en forme de tranchée naturelle, le Trenqua. L'exposition du lieu est désigné par l'adret ou adrech et l'ubac écrit parfois hubac.

La nature du sol est précisée dans certains noms : les Aréniers désignent une zone sablonneuse, les Esclapières rappellent un endroit recouvert de tas de pierres, le Tuve désignant le tuf, roche formée par les eaux calcaires ; les Laouves nomment un lieu où abondent les pierres plates ; si l'endroit est traversé par des courants d'air froid, il est appelé la Frègière ou les Fréyéres.

Dans ce pays de chaleur et de sécheresse où l'eau a toujours été un bien précieux, chaque source possède un nom : celui du propriétaire Font d'Imbert, Font- Pascal, Fontaine d'Aragon ; celui d'un arbre tout proche Font du Cadé, Font de l'Olivier ; ou alors il marque l'ancienneté Font-Vieille ou un aménagement récent Font-Neuve ; quelquefois le nom se rapporte à la structure Font-Besse (qui désigne une source double) ; si le débit est abondant elle prend le nom de Foux d'où le captage de cette source par les Romains pour alimenter la ville de Forum Julii (Fréjus). Même un filet d'eau fait l'objet d'une attention particulière, le Dégoutaï indique un goutte à goutte dans une paroi rocheuse ; si la température n'est pas habituelle, elle devient Eaux-Chaudes. Les terrains très humides sont appelés des Moulières ; les puits sont bien sûr des éléments importants pour nommer l'espace. 

Le territoire de Montauroux est traversé par deux cours d'eau, remarqués et utilisés par les différentes populations qui se sont succédé sur ces lieux : la Siagne et le Biançon, noms dont l'origine est très ancienne. 

La végétation permet de nommer le paysage lorsqu'elle se différencie par son aspect le Bois ; la Matade pour un groupe d'arbres bien isolés. Les espèces végétales sont mentionnées si elles ne sont pas ordinaires : l'Aubeguier est un sorbier remarquable ; si un arbre est isolé il peut désigner le lieu : le Castanier ; ou alors l'abondance d'une essence est remarquée : la Bouissière désigne un espace où le buis abonde, Carpenelle et Carpénée marquent la présence de charmes, l'Eouvière est une forêt de chênes verts.

Les premières populations qui se sont fixées sur le territoire de Montauroux ont pratiqué l'élevage et l'agriculture, ces activités ont modelé le paysage en faisant reculer la forêt, en construisant une multitude de murs appelés restanques pour retenir les terres cultivables ou faïsses, en bâtissant des canaux, béal ou buau pour amener l'eau et en cultivant particulièrement les endroits plats tels que les clots et le plan. La Ferrage indique des terres fertiles proches du village où sont cultivés légumes et arbres fruitiers , la Pièce-Neuve est une nouvelle terre , l'Affama désigne des vignes dont le rendement est faible , Cougourdon rappelle un jardin riche en courges et courgettes , Camp-Long évoque un champ très allongé. 

Le Défens indique un lieu interdit à certaines activités : ramassage de bois, de glands ou pacage de troupeaux. Les nombreux jas (le Jas-Neuf) rappellent la présence des brebis, les prés (Pra-Long et Pre-Claou), les cabanons et granges (les Grangues) sont liés à l'élevage. Les lieux-dits Colombe, Colombons témoignent de l'élevage des pigeons tandis que Magnanon rappelle les vers à soie, le Brusquet désignant une ruche aménagée dans un tronc d'arbre. 

Certaines activités pratiquées par les Montaurousiens et utilisant les ressources naturelles ont laissé leur nom dans certains lieux : la Gipière pour la fabrication de plâtre, la Tuilière pour une fabrique de tuiles et la Verrerie située en forêt pour son approvisionnement en bois sans oublier le Moulin pour écraser olives ou blé. 

Ces activités nécessitaient des chemins dont certains noms nous sont parvenus : les Croisières pour un croisement d'itinéraires, le Couraguier permettant un déplacement facile dans une partie du territoire communal et la rue Droite qui était la voie la plus directe pour traverser le village et se diriger ensuite vers Callian.

L'histoire de Montauroux apparaît dans certains toponymes : l'Arquet mentionne sans doute la présence d'une arche appartenant au canal romain (aujourd'hui dans sa partie noyée) ; les Voûtes pourraient faire référence à cet ouvrage antique ; le quartier de Narbonne pourrait évoquer le souvenir d'une villa du Haut Moyen Âge ; la rue du Rastel rappelle que cette voie devait se terminer dans sa partie haute par une herse qui barrait l'entrée du quartier ancien ou castrum fermé au nord par la muraille appelée Barri. Le quartier de la Tour rappelle la présence d'une tour de guet dominant la Siagne. La Colle Noire (anciennement la Colle Narbonne) est une ancienne auberge située sur la voie royale reliant Grasse à Draguignan et attestée dès 1327.

Les noms de nombreuses familles de Montauroux sont inscrits dans la dénomination des lieux : chemin de Bigarel, clot d'Arbaou, collet de Gaudon, fontaine d'Aragon, hameau des Légets, vallon de Maillan, ubac de Peillon, etc. La Colle du Médecin nomme une colline, non pas par le nom du propriétaire mais par sa profession !


Repertoire des toponymes classés par ordre alphabétique :


Le premier terme en GRAS SOULIGNE (ex. ABEY) correspond au toponyme relevé dans le cadastre napoléonien de 1839.


S’ensuit parfois en GRAS ITALIQUE (ex. ABEILH ; ABEILLE) les différentes transformations ou évolutions du toponyme rencontrées lors de nos recherches dans les archives. 


Les dates entre parenthèses ex : (1599) renvoient aux références archivistiques et/ou cartographiques.


L'écriture du mot en provençal tient compte des deux graphies : graphie classique suivie de la graphie mistralienne. L'emploi du signe > marque l'évolution du latin vers le provençal.

Les mots en latin et en provençal sont écrits en italique. 


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ABEY (L’, Vallon de l’) : ABEYL (1622) ; ABEILLE (1778) ; ABEIS (1790) :

Du provençal abéier / abéié qui signifie « gros troupeau transhumant ». Sans doute un lieu de passage. On rencontre par exemple le pas de l’abbey à Bargemon et la source de l'abbey à St-Paul et Comps. 


ADRECHS (Les Hauts, Les Bas) : LADRECH (1599) ; LADREYCH / LADREICH (1622) : 

Du latin ad directum > provençal adrech / adré signifiant « versant méridional ou versant exposé au soleil ». 


AFFAMA (L') : CLOT AFFAMAT (1599) ; AFÂMA (1790) ; LAFAMA (1792) :

En provençal afamar/ afama, verbe qui signifie « affamer ». Ici, probablement des terres de faible rendement. 


ARENIERS (Les) : 

Déjà mentionné en 1769. Du latin arena > provençal arena / areno. Le provençal arenier /arenié indique un terrain sablonneux, lieu où l'on peut extraire du sable.


ARQUET (Vallon de l’) : LARQUET (1622) ; LARQUET DE GAVOLONE (1778) ; VALLON DE LAQUET (2015) : 

Le provençal arquet désigne « une petite arche ». Ce lieu-dit est situé exactement à l’endroit où jadis s’élevait une petite arche de l’aqueduc romain qui franchissait ce vallon, mentionnée sur la carte des Frontières de l’Est en 1778. De nos jours cette partie de l’aqueduc existe toujours mais elle est immergée sous les eaux du lac de Saint-Cassien.


AUBEGUIER (L') : AUBIGUIE / AUBIGUIER (1622) : 

Provient du provençal aubaliguier / aubaliguié qui indique une variété « d’alisier ou sorbier » (sorbus aria ou torminalis).


BARLAC : 

Du provençal barlac qui indique « un lieu humide, marécageux ». 


BARRES (Sous les) : 

Apparenté au provençal bàrri, « rempart, muraille ou fortification » probablement issu de la racine pré-latine BAR. Ici ce sont les terrains situés sous les falaises calcaires, véritables murailles naturelles, dominant la Siagne. 


BARRIÈRE (La, Vallon de la, Bastide de la) : LA BARRIERA (1497a) : 

Évoque sans doute un lieu situé sur la route médiévale Draguignan-Grasse avec présence d'une auberge et d'une barrière. 


BIANÇON (Le) : BUCENCIA (IXe) ? ; BEANCONO (1314) ; BIANSON (1469) ; BEANSSON (1599) ; BEANçON (1622) ; BEANSON / BEAUSON (1769) : 

Le polyptyque de Wadalde (Recensement des biens de l’église de Marseille rédigé en 813-814), mentionne une colonica in Bucencia dans l’ancien territoire de Seillans. Ce terme est issu de l’hydronyme prélatin Buk-entia qui a laissé sans doute son nom au Biançon, affluent de la Siagne. Aujourd'hui le cours d'eau qui traverse la plaine de Fayence sous le nom de Camandre puis de Riou Blanc devient le Biançon dans sa partie finale après sa rencontre avec la Camiole. A l’origine, Biançon devait désigner entièrement ce cours d’eau.


BLÉTIÈRE (Seul, Vallon de, Jas de, Clos de) : BLETIERO (1599) ; BLESTIERES (1655) ; BLASTIERES / BLUTIERES (1769) ; BLAITIERES (1778) :

Le provençal bleta / bleto désigne une branche, une baguette, une tige, un arbre jeune, objet pouvant se plier et servir en artisanat (confection de paniers). Blétière indique peut-être un lieu où abondent les « blètes » ou alors une plantation de jeunes arbres. 


BOIS (Le) : BOUESQ / BOSQ (1599) : 

Les termes bouesq, bosc ou bosq proviennent du provençal bosc qui signifie « le bois », « la forêt ». 


BOURGOUGNON (Le, Bastide de, Le Haut, Le Bas) : BORGONHON (1469) ; BOURGUIGNON (1935) : 

Nom de famille. 


BRAIASSOUN (La source de) : 

Nom d'une source. En provençal, évoque un personnage mal habillé, peut-être le surnom d'un ancien propriétaire.


BRAYET : 

Nom de famille. Déjà mentionné en 1622 où le sieur Brayet vend cette terre à Pierre Poulle dit Vadon. 


BRUSQUET (Le, Vallon du, Fontaine du) : BRUSQUETUM (1314) ; BUSQUET (1935) :

Du provençal brusc, désigne une « ruche » aménagée dans un tronc d’arbre. Brusquet permet de nommer une source. 


BUISSIÈRE (La) : 

Déjà mentionné en 1769. Du provençal boissiera / bouissiero, qui indique un « lieu recouvert de buis ». 


CAMP-LONG : 

Déjà mentionné en 1622. Du latin campus > provençal camp qui signifie « champ ». Ici un champ de forme allongé. 


CANDILIAS / CANDEYA (Vallon de) : 

Déjà mentionné en 1793. Du provençal candelha / candeïo, « bois dont on se sert pour faire des torches ; pin imbibé de sève ». (Situé dans l’ancien territoire de Tournon). 


CANTARRAGNE : CANTARAINO (1622) ; CANTEREINE / CANTE REYNE (1769) ; CANTAREGNE (1792) :

Désigne en provençal « un endroit humide », « un terrain marécageux où chantent les grenouilles ». 


CARPENEE (Vallon de la) ; CARPANEO (1599) : 

Du latin carpinus > provençal caupre qui signifie « le charme » (arbre). Ici un terrain où poussent les charmes. 


CARPENELLE CARPENETTE (1935) : 

Déjà mentionné en 1599. « Terrain où poussent des charmes ». 


CASTANIER (Le) : 

Du provençal castanhier / castanié, « châtaignier ». La présence d'un tel arbre a donné l'identité de ce lieu. 


CHAMBAROT : CHAMBARAUX (1778) : 

Déjà mentionné en 1599. Désigne en 1622 une pièce de terre dans le plan. Evoque peut-être un champ de dimension réduite. 


CHAUMETTES (Les) : 

Déjà mentionné en 1599. Du bas latin calma > provençal caume /chaume désigne « une étendue plate, rocheuse et sèche » ; ici de petite dimension donc un endroit où un troupeau de brebis peut se reposer.


CLAUSSON (Le) : 

Déjà mentionné en 1792. Du latin claudere / clausum > provençal claus : « espace cultivé entouré d'une clôture » ; de petite surface dans ce cas précis. 


CLAVEAUX (Les) : CLAUVEAUX (1599) ; CLAVEOUX (1622) ; CLAUVEOUX / CLAUVAUX (1769) : 

Du provençal claus, « plusieurs pièces de terre clôturées ».


CLOS DE BLETIERE (Le) : 

Anciennement écrit clot de bletière, « espace plat et cultivé » dans le quartier de Blétière. 


CLOS DE ROLAND (Le) : 

Déjà mentionné en 1622. Anciennement écrit clot de Rolland, « endroit plat cultivé et appartenant à Rolland ». 


CLOS DE SAINT-JOSEPH : CLAUX DE SAINT JOSEPH (1792) : 

Déjà mentionné en 1792. Du latin claudere / clausum > provençal claus , terrain clôturé appartenant à la confrérie de saint Joseph.


CLOT D’ARBAOU (Le) : CLOT D’ARBAUD (1769) : 

Déjà mentionné en 1650. « Espace plat cultivé appartenant à la famille Arbaud ». 


COLLE (La) : COUELO (1622) : 

Du latin collis > provençal còla / colocouelo ; « la colline ». 


COLLE DU MÉDECIN (La) : 

Nous retrouvons dans les registres du cadastre en 1636, que ces terrains situés sur cette colline appartenaient à Antoine Polla médecin. 


COLLE-NOIRE (La, Château de la) : 

« La colline noire ». Le toponyme évoque une colline recouverte d'une forêt sombre. Actuellement trois lieux-dits portent ce même nom : le quartier, l’ancienne auberge médiévale (anciennement logis de la Colle) et le château de la Colle Noire (ancienne ferme, relais de poste puis demeure ayant appartenu à Christian Dior). 


COLLET DE BIGAREL (Le) : BIGAREOU (1769) : 

Collet est un diminutif du provençal colo, « petite colline ». Bigarel est le surnom du sieur André Pascal mentionné en 1622, ce sobriquet a peut-être été utilisé pour nommer ce lieu. Bigarel désigne également en provençal une variété de cerise. 


COLLET DU BOUIS (Le) : COULET DE BUIS (1769) : 

Du provençal boisse / bouis / bouisse, dans ce cas précis, le toponyme désigne « une petite colline recouverte de buis ». 


COLLET DE JEAN BRAYE : 

Colline appartenant à Jean Braye. (Situé dans l’ancien territoire de Tournon). 


COLLET DU PUITS (Le) : COLLET DOU POUS (1622) :

« Petite colline identifiée par la présence d'un puits » (pous en provençal). 


COLLET-REDON (Le) : COLLE REDONNE DE TOURNON (1778) ; COLEREDO (1935) : 

Déjà mentionné en 1793. Du latin rotondus > provençal redon / redoun signifiant « arrondi ». Donc ici, une petite colline de forme arrondie. (Situé dans l’ancien territoire de Tournon). 


COLOMBE : 

Du provençal colomb / couloumb « pigeon », peut être y avait-il à cet endroit un colombier ou un pigeonnier. Ce nom peut aussi désigner un nom de famille. 


COSTE (La) : COUESTO (1622) : 

Du latin costa > provençal costa / couesto qui signifie « la côte » ou « pente d’un relief ». Ici ce sont des terrains situés sur une pente. 


COUGOURDON : 

Déjà mentionné en 1599. Du provençal cogordon / cougourdoun ; « petite courge ». Ce nom peut aussi désigner un sobriquet. 


COULOMBONS (Les) : 

Du provençal colombons /couloumboun « jeunes pigeons ». On pourrait supposer la présence d'un pigeonnier mais il s'agit dans ce cas de parcelles appartenant à la famille Coulombon que l'on retrouve dans le cadastre de 1769. 


COURAGUIER (Chemin du) : COURAGNIER / COUREGNIER (1314) ; CAUVEGAIRE (1769) ? ; CAUREGNIER (1792) : 

Chemin creux par lequel l'eau peut s'écouler (l'escouraguier à Entrecasteaux ). 


CROISIÈRES (Les) : 

En rapport avec des croisements de chemins. (Situé dans l’ancien territoire de Tournon). 


CROS (Le) : 

Terme issu du provençal qui signifie « creux », « fosse ». 


CROTES (Les) : CROUETTE (1599) : 

Du provençal crota / croto / croueto ; « crypte, cave voûtée ou construction en partie enterrée ». 


CUGUILLADE : COUGU(I)LHADO (1599) : 

Racine pré-latine KUK associée à une montagne de sommet arrondie. On retrouve d'autres toponymes construits sur cette racine : Cuguillons à Aups, sommet de Cuguyon à Archail (Alpes de Haute-Provence).


DAGNAN : DAGNA (1769) : 

Lieu-dit partagé par les communes de Montauroux et de Callian. Provient du prénom latin Dagnanus. En 1560 à Callian, Dagnan Guignon possède des terrains au lieu-dit plan de Dagnan Guignon (cadastre de Callian).

Nommé DAYAN sur la cadastre « napoléonien » de Callian en 1838. 


DÉFENS (Le) : DEFENSUM (1314)

Du latin defendere / defensum > provençal defens / devens. On mettait à l’origine ces terrains (appartenant au seigneur ou à une communauté) en interdiction durant certaines périodes pour éviter que les troupeaux ou les habitants ne surexploitent les arbres et, notamment, ne détruisent les jeunes pousses. 


DÉGOUTAÏ (Le, Vallon du) : DEGOTAIL (1469) :

Du provençal degotar / degouta, « couler goutte à goutte ». Ce vallon délimitait avant la Révolution les seigneuries de Montauroux et de Tournon. 


DERRIERE LE BARRI : DETTRAS LOU BARRY (1599) ; DERNIER LOU BARRY (1622) ; DERNIER LE RAMPAR (1769) : 

Terrains situés derrière et en dessous les remparts du fort Saint-Barthélémy. En provençal, le « barri » désigne le rempart ou le quartier bâti contre celui-ci.


EAUX-CHAUDES : AIGUO CAUDO (1599) :

Désigne un terrain où affleurent des eaux chaudes ! 


ENDOUIFRAÏRES (Collet d’) : COULLET DE DOUS FRAIRES (1599) : 

En est une particule honorifique suivie des deux frères. Terrains ou maison appartenant à deux frères.


ENGUEIRAOU : EN GAIRAUT (1599) ; GUEIRAUD / ENGAIRAUD (1769) : 

En suivi du nom de famille Gairaud, le très honoré Gairaud. Terre appartenant au sieur Gairaud.


EOUVIÈRE (L') : LEUZIERO (1599) ; EUVIERO (1622) ; LAUVIERE (1769) : 

Le provençal euve / euse donne euviera / euviero qui signifie « bois ou forêt de chênes verts ». 


ESCLAPIÈRES (Les) : LAS CLAPIERES (1599) :

Terme issu de la racine pré-latine KLAPP qui donne en provençal clap, lieu où l'on rencontre de nombreux amas de pierres.


FARENE : FÉRÈNE :

Du provençal fèr qui signifie « sauvage », qui n'est point apprivoisé. Ici il peut s’agir de terrains non cultivés.


FERRAGE (La) : 

Le nom latin farrago a donné l’adjectif ferax signifiant fertile d’où ferrage. Ici ce sont les terrains fertiles situés à proximité du village plantés en jardin et verger que l’on peut facilement fumer, arroser, surveiller. (Toponyme très fréquent en Provence).


FONDURANE : FONT DURANA (1443) ; FONTDURANE (1780) : 

Du latin fons / fontis > provençal font / fous la source ou la fontaine, ici appartenant à un certain Duran.


FONT-TABOURENO : FONT BOULLENE (1599) ; FONTABOULLENNO (1622) ; FONT BOURENE / FONT TABOURENE (1769) :

Indique le nom d'une source. Boullene est associé au nom de famille d’origine germanique Abollenus


FONTAINE (La) : 

Source aménagée, déjà mentionnée en 1622. 


FONTAINE / FONT D’ARAGON (La, Hameau de la) 

Déjà mentionné en 1599. Anciennement appelée font de Narbonne. Aragon est un nom de famille déjà mentionné dans les archives en 1446. 


FONT-BESSE : FONTI BESSONO (1314) ; FONT BAISSE (1778) : 

Le terme besse est issu du provençal besson / bessoun qui signifie « jumeau ». Dans ce cas la source besse peut signifier « une source double » ou « sources jumelles ». 


FONT-BOURETTE : FONT MOURETTE (1599) :

C'est la couleur de l'eau (plutôt sombre) qui a permis de nommer la source.


FONT DU CADÉ (La) : 

Cadé désigne en provençal « le genévrier oxycèdre ». Ici la source située à côté du genévrier. 


FONT- D'IMBERT (La) : 

Déjà mentionné en 1470. La source d'Imbert (nom de famille présent à Montauroux depuis le Moyen Âge).


FONT-NEUVE (La) : FONTEM NOVAM (1463) ; FONT NOVO (1599) :

La source nouvellement aménagée. 


FONT DE L’OLIVIER (Vallon de la) : Source à côté d’un olivier remarquable. 


FONT-PASCAL (La) : 

La source de Pascal (nom de famille présent à Montauroux depuis le Moyen Âge, la combe de Pascal mentionnée en 1469 dans ce lieu). (Situé dans l’ancien territoire de Tournon). 


FONT-VIEILLE : FOUENVIELLE (1469) :

Source ou fontaine vieille. (Situé dans l’ancien territoire de Tournon). 


FOUX (La) : FONS (1599) :

Le terme foux provient du provençal fous, « source au débit important ». Ce fut d’ailleurs ici que les romains établirent le premier captage de l’aqueduc pour alimenter la ville de Forum Julii ( Fréjus ) avant celui du Neissoun à Mons .


FRESTO (Hameau de la) : FETRE (1778) ; FRIESTE (2018) : 

Ancien hameau situé au quartier de Narbonne, aujourd’hui ruiné. Le provençal frest indique le faîtage d'une maison. 


FREGIERE (La) : 

Du provençal frei, « endroit exposé à des courants d'air froid ».


FRÉYIÈRES (Les) : 

Même remarque que précédemment. (Situé dans l’ancien territoire de Tournon). 


FRIAOUD (Seul, Bastide de) : FREAUT (1599) ; FRIAUD (1769) :

Du latin friabilis > provençal friau / freiau, indique « une roche qui se réduit en morceaux », en l'occurrence ce terme désigne toute la zone de grès et de gneiss, roches particulièrement friables.


FUSTIERE (La) : 

Déjà mentionné en 1792. Du provençal fusta / fusto, qui signifie « la poutre ». Lieu où l’on peut extraire du bois de construction. Ce nom est aussi le sobriquet d’Anne Leget veuve d’Esprit Poulle en 1769. 


GABINET (Le) : LOU GABINEN (1778) : 

Déjà mentionné en 1650. Du bas latin gabinum > provençal gabin désignant « un endroit humide », ici avec idée de réduction. 


GACHETTE (La) : LAGACHON (1599) :

Du provençal agachar / agacha signifiant « guetter, épier ». L'agachon est aussi un poste de chasse à l'affût. Sans doute ici un point d’observation. 


GARROT (Vallon de) : 

Nom de famille.


GAUDON : 

Nom de famille déjà mentionné en 1599. 


GAYET : AUGAYET (1778) :

Nom de famille. 


GIMBRETTE 

Déjà mentionné en 1599. Probablement un dérivé du nom de famille d'origine germanique Gimbert.


GIPIÈRE (La) : GIPIERO (1599) :

Du latin gypsum > provençal gip, qui signifie le « plâtre ». Ici un site d’extraction ou plâtrière. 


GRANDE COMBE (La) : 

Mot d'origine celte désignant une vallée ouverte. (Situé dans l’ancien territoire de Tournon). 


GRANGUES (Les) : 

Du provençal granga / grango qui signifie « la grange » Au Moyen Âge, les Montaurousiens habitaient au village et possédaient des « granges » sur des terres cultivées, sortes de cabanons où l'on pouvait déposer du matériel et s'abriter.


HUBAC DU MÉDECIN (L') : 

Du latin opacus > provençal ubac, « lieu ombragé obscur, versant nord ». Donc on désigne ici le versant nord de la colline dite COLLE DU MEDECIN. 


HUBAC DE PEILLON (L’) : 

Versant nord appartenant à la famille Peillon.


HUBAC DE TOURNON (L’) : 

Versant nord de la colline dite de TOURNON (voir infra). (Situé dans l’ancien territoire de Tournon). 


JAS-NEUF (Le, Vallon du) : 

Déjà mentionné en 1793. Le jas en provençal est « une bergerie » ; ici nouvellement construite. (Situé dans l’ancien territoire de Tournon). 


LAOUVES (Les) : LAUSO (1470) ; LAUSSO (1599) ; LAUVO (1622) : 

Du provençal lauva / lauvo qui signifie « pierre plate ».


LAQUET (Le) : 

Déjà mentionné en 1599. Du provençal laquet qui signifie, « petit lac, mare ou flaque d'eau ». En effet le site se présente sous la forme d'une grande dépression, où l'eau stagne lors de fortes précipitations.


LIGETS (Hameau des) : HAMEAU DES LEGETS (2018) :

Ce terme provient du nom de famille Leget. Famille très ancienne à Montauroux. 


MAGNANON (Le, Vallon du) : MAGNERON (1778) :

Déjà mentionné en 1599. Diminutif du provençal manhan / magnan désignant « le ver à soie ». Le sens de ce mot peut-être étendu au mûrier dont les feuilles servaient de nourriture aux vers à soie. Les sieurs Jean Rebuffel et Jacques sont surnommés magnanon en 1690.


MAILLA : MADAZANO (XIe) ? ; MAYAN (1314) : 

Ce vallon est associé à un nom de famille Mayan ou Maillan. La transformation en Mailla apparaît sur le cadastre napoléonien donc tardivement, la découverte dans ce vallon d'une tête sculptée d'origine incertaine qu'on appelle alors « la marrida mina de Maïa » (la laide mine de Maïa) à fin du XIXe siècle vient donner un autre sens à cette erreur de transcription, d'un simple nom de famille on arrive à celui d'une déesse antique appelée Maïa ! 


MATADE (La) : MATTADO (1599) :

Du provençal matada / matado qui signifie « touffe d'arbres ».


MONT (Le) : 

Déjà mentionné en 1622. Grande colline, montagne. (Situé dans l’ancien territoire de Tournon). 


MOULIERES (Les, Vallon des) ; LES MAULIERES (2015) : 

Du provençal moliera / mouliero, qui signifie « la mollière ». Endroit où l’on voit sourdre de petites sources, terrain mou, lieu bas où les eaux croupissent, terrains naturellement irrigués. En 1839, un seul lieu-dit porte ce nom alors que dans le passé, on rencontre plusieurs mollières toujours suivies du nom de propriétaire, la mollière de Carles, la mollière de Vicari, etc … 


MOULIN (Le) : 

Ici se sont les moulins à farine et à huile de la communauté, situés sur le fleuve Siagne et mentionnés dès le XVe siècle, aujourd’hui ruinés.


NARBONNE : NARBONA (909) :

Ce nom provient sans doute de la Villa Narbona, vaste domaine mentionné dans des documents du Haut Moyen Âge. Il était la propriété de Fouquier de Valensole et Raymonde Aubry de Narbonne, parents de saint Mayeul qui fut abbé de Cluny (célèbre abbaye) au Xe siècle. 


NID DE LOUP (Le) : 

Indique sans doute un lieu secret et éloigné. (Situé dans l’ancien territoire de Tournon). 


OURES (Les, Vallon des) : HOURRES (1778) :

Du provençal oulo ou ouro qui désignent des « pierres creusées par l’eau » ou « marmites » dans un torrent, et encore bien visibles aujourd’hui.


PASTUQUE (Vallon de) : 

Sans doute un surnom, du provençal patuscla « s’échapper, déguerpir ».


PATARÉOU (Seul, Vallon de, Bastide de) : PATAREL (1778) ; PETAROL (1780) ; PATARELLE (2015) :

Déjà mentionné en 1769. Du provençal patareu désignant « une personne mal habillée », il s'agit peut-être là du surnom du propriétaire de ce lieu.


PECHIER : PICHIER (1622) : 

Du provençal pechier qui désigne une grosse cruche, déposée sans doute à côté d'une source.


PEYGROS : PIEY GROS (1599) ; PIEGROS (1636) ; PIED GROS (1769) : Du latin podium > provençal pey qui signifie « une colline arrondie » de taille respectable.


PIÈCE NEUVE (La) : 

Indique un terrain nouvellement cultivé.


PIEROUN (Le) : 

Du provençal peiron/peiroun ou banc de pierre.


PIJAUBERT (Seul, Vallon du, Bastide du) : PIEY JAUBERT (1599) ; PEJOUBERT (1778) ; PIGEOBERT (1792) : 

Du latin podium > provençal pi / puei qui désigne « une colline arrondie » appartenant ici à Jaubert.


PLAINES (Les) : 

Sens commun.


PLAN OCCIDENTAL / ORIENTAL (Le) : 

Terrains situés respectivement à gauche et à droite du vallon de la Route. 


PRA-LONG (Le Haut / Le Bas) : PRE LONG (1935) :

Déjà mentionné en 1599. Du provençal prat qui signifie « pré ». Ici un pré de forme allongée. 


PRE-CLAOU : PRAT CLAUS (1599) ; PRAT CLAUX (1769) ; PRE CLAOU (2015) ; PRA CLAOU / PRE CLAOU (2018) : 

Un pré entouré de murs ou un pré fermé par des limites bien marquées.


PUITS (Le, Le Petit, Le Grand, Les Adrechs du) : PUY / PUEY (1599) :

Confusion entre puits et puey, le toponyme ancien nous donne la forme d'origine puey qui désigne la colline arrondie et non pas un puits. 


PUITS DES JUIFS (Le) : 

Présentes en Provence dès l’Antiquité, les communautés juives sont confinées dans certaines rues au Moyen Age ( juiveries de Fréjus , de Grasse , de Draguignan, de Tourrettes ). Victimes de discrimination puis chassées du territoire français, elles disparaissent vers 1500. Leur présence à Montauroux a laissé des toponymes : en 1622 le sieur Honorat Ollivary achète la terra das judious ; le puits des juifs rappelle sans doute que les pratiques religieuses imposaient à leurs adeptes de ne pas se mêler aux autres religions pour l’accès à certaines nourritures et à l’eau.


RATON : RATAONS (1599) : 

Du pré-latin RAT qui signifie « pente caillouteuse et aride ». On rencontre aussi ce toponyme à Ampus, Aups, Tourrettes ou Signes. 


ROUTE (Vallon de la) : 

Sens commun, ici la route médiévale reliant Grasse à Draguignan, actuellement RD 562. Peut aussi désigner une pente dont la déclivité a été rompue afin d'obtenir un terrain plat cultivable.


SAINT-MICHEL (Seul, Chapelle de) : SANCTO MICHAELE DE CAVAROSA (XIe) :

Quartier et chapelle mentionnés au XIe siècle dans le cartulaire de l’abbaye de Lérins. En français Saint Michel du Cavaroux. Cavarosa en latin, est un dérivé du provençal cavar « creuser » + suffixe -osa, adjectif féminin qui qualifie ici une source sortie probablement d’une grotte ou d’une cavité...


SERRE-LONG : 

Déjà mentionné en 1622. Du provençal serre qui signifie « un sommet isolé et de forme allongée ».


SIAGNE : 

Déjà mentionné au XIe. Mot d'origine pré-latine bâti sur la racine SIG associée au cours d'eau. 


SUBRANE (Seul, Fontaine de) : SUBRANNO (1599) :

Du latin superanus > provençal subrana / subrano, qui signifie « un endroit supérieur », « au-dessus de » ou « en haut de ». Nom donné par les personnes habitant en-dessous de ce lieu. La source de Subrane s’appelle aujourd’hui les Quatre Fontaines. 


SUY (Vallon du) : 

Fond de vallon marécageux. 


TABAROUN : 

Sans doute un surnom à rapprocher de tabalori, « personne de peu de jugement ». On rencontre dans le cadastre de 1769 un dénommé Paul Poulle dit Tabourin propriétaire d'une terre inculte au quartier de Friaud.


TOUAR(S) (Le(s)) : TOUES / TOS (1599) ; TOUAZS (1935) : 

Mot d’origine pré-latine bâti sur la racine TOR qui désigne « un plateau élevé ».


TOUR (La, Sous la) : 

Reste d’une ancienne tour de guet construite au XVIIIe siècle sur une falaise dominant la Siagne. 

TOURNON (Le Haut, Le Bas, L’Hubac de) : CASTRUM DE TORNONO (XIIIe) :

Ancienne seigneurie indépendante de Montauroux, mentionnée pour la première fois au XIIIe siècle. Elle fut rattachée à Montauroux peu après la Révolution, le dernier seigneur étant Jean-César de Pontevès. Ce toponyme provient de la racine pré-latine TOR et de l’ancien provençal torn qui signifie « butte, colline ronde ». On peut encore y observer au sommet, les ruines d’un castrum et d’une chapelle. 

TRENQUA : TRENQUAT (1599) ; TRANCAT DE LA BAUMO (1622) ; TRANQUA (1769) ; LA BAUME DU TRANCARD (1792) :


Du provençal trenca, indique ici une zone d'effondrement naturel provoquant une longue rupture dans le sol comme s'il avait été tranché ! En effet, sur le terrain on peut y observer une faille de décollement de falaise, profonde et longue de plusieurs dizaines de mètres. 


TUVE (Le) : 

Déjà mentionné en 1622. Tuve est un mot provençal désignant « le tuf ». Celui-ci se forme par dépôt de calcaire sur de la végétation (telle que mousses ou algues), aux émergences de certaines sources ou cours d'eau à petites cascades. 


VALCROS (Seul, Les Adrechs de, Bastide de) : VALCROQ / VALCRO (1599) ; VAUCROS (1769) ; VAUCRAUX (1778) :

Toponyme fréquent qui associe vallon et creux, peut désigner le creux du vallon.


VAROYE : BASTIDE DE VERRAYON (1778) ; VAROILLE (1790) :

Déjà mentionné en 1624. Terrain proche du Biançon, mot peut-être d'origine pré-latine bâti sur la racine VAR ou VER associée à la présence d'un cours d’eau. Terrains inondables situés à la jonction du ruisseau de la Carpenée et du Biançon.


VAUX (Vallon des) : VAUS / VAULX (1599) : 

Du provençal vau signifiant « vallée » ; il s'agit ici de plusieurs vallons.


VEIRACHON (Le) : 

Issu du provençal, indique une zone cultivée de petite surface puis abandonnée.


VERRERIE (La) : VERRERIE DES VAUX (1778) : 

Ancienne verrerie ayant appartenu successivement aux familles d'Escrivan puis Audouard, « gentilhommes verriers ». Aujourd’hui ruinée, immergée sous les eaux du lac de Saint-Cassien. 


VILLARON (Le) : VILLARUM (1314) ; VIRALON (1599) : VILRALON / VIRALLON (1622) : 

Du latin villare > provençal vilar, indique un petit habitat rural dispersé. 


VILLEFRANCHE : 

Au XIXe siècle, on désigne souvent de nouveaux terrains bâtis ou cultivés par des noms de villes, c'est peut-être le cas ici.


VINCE : 

Nom de famille.


VINCENT : 

Nom de famille.


Les rues et places du village :


Place de la Barricade : Quartier déjà mentionné en 1622. Cette barricade a été placée à l'entrée du village pour contrôler ou interdire les mouvements des habitants à cause de la peste à la fin du XVIe siècle.


Place du Clos : Du provençal clot ou espace plat. Cette vaste zone située au bord du village, utilisée comme place principale, a été un lieu de sociabilité des habitants de Montauroux depuis des siècles. Toujours écrit clot, l'écriture actuelle clos introduit un contre sens, celui d’enclos.


Rue Antoine Bonnet : Maire de Montauroux de 1919 à 1947. Anciennement rue de la Placette (déjà mentionnée en 1599).


Rue Sainte-Brigitte : En souvenir de la chapelle Sainte-Brigitte (déjà mentionnée en 1599). Détruite peu avant la Révolution. 


Rue Camille Pauc : Maire de Montauroux de 1953 à 1967. Anciennement rue du Clot (déjà mentionnée en 1599).


Montée Christian Dior : Passage menant à la Chapelle Saint-Barthélémy, ancienne propriété de Christian Dior qui en fit don à la commune en 1953.


Rue Derrière Barri : Déjà mentionnée en 1599. Derrière le rempart ou le quartier qui s'appuie contre le rempart.


Rue Droite : Déjà mentionnée en 1599. Permet de traverser le village pour se diriger directement vers le village voisin. 



Rue des Écoles : Rue menant à l’ancienne école. Anciennement rue Saint-Antoine (déjà mentionnée en 1599). A l’emplacement actuel de la mairie, existait la chapelle Saint-Antoine qui fut détruite vers 1850.


Rue Eugène Segond : Bienfaiteur. Anciennement rue allant au Clot (déjà mentionnée en 1599). 


Rue de la Ferrage : Rue menant aux ferrages. Terrains fertiles plantés en jardins et vergers tout contre le village. Anciennement rue de la Masquegière, déjà mentionné en 1701. Du provençal masquejar : « se déplacer, roder la nuit ». Sans doute une porte du village permettant aux habitants de sortir ou d'entrer la nuit.


Rue de la Fontaine : Déjà mentionnée en 1599. Rue menant à la fontaine publique. 


Rue George Lacombe : Lieutenant de vaisseau, commandant de la corvette la « Bastiaise ». Décédé au cours d’une opération navale en 1940. Anciennement chemin de Subrane puis Route de la Gare. 


Rue Hustache Léopold : Maire de Montauroux de 1947 à 1953. Anciennement rue du Bas Four ou Four le Plus Bas (fours banaux déjà mentionnés en 1599).


Place Justin Blanc : Place en hommage à Justin Blanc (1899-1945), résistant mort en déportation. Anciennement Place Neuve. 


Rue des Marchands : Anciennement rue du Collet du Fort, déjà mentionnée en 1599.


Rue Mirabeau : Nom donné, vers 1920, en l’honneur de Honoré-Gabriel Riqueti de Mirabeau, écrivain, diplomate, journaliste et homme politique français, figure de la Révolution. En 1599, elle s’appelait, la rue du Haut Four ou rue du Four le Plus Haut, plus tard au XVIIe siècle, on la nommera rue du Château (le « Château » était en fait la maison où résidait le seigneur durant ses séjours à Montauroux.


Rue Neuve : Déjà mentionnée en 1599. Sens commun.


Rue du Pigeonnier : Sens commun. Le pigeonnier est déjà mentionné dans les archives de la commune au XVIIIe siècle, le seigneur marquis de Montauroux en était le propriétaire. 


Rue du Rastel : Déjà mentionnée en 1599. Mot de l'ancien provençal désignant une herse. On peut supposer la présence d'une telle porte en haut de la rue actuelle et donc à l'entrée du castrum. 


Rue de la Rouguière : Roguiero (1497B) . Espace situé au bord du village où les habitants abandonnaient leurs déchets, surtout organiques et peu nombreux par le passé. Les chiens, les renards et les rats venaient manger les derniers restes (du provençal roigar / rouiga qui signifie « ronger »). On peut imaginer que cette rue donnait accès à un tel lieu ou occupait l'emplacement d'une ancienne rouguière lorsque le village était plus resserré. Toponyme très fréquent en Provence (Mons, Draguignan, Cannes, Marseille ...).


Rue des Résistants : En hommage aux résistants de Montauroux. Peut-être l’ancienne rue du Saint-Esprit déjà mentionnée en 1599 où se trouvait la Maison Commune et où se réunissaient depuis le Moyen Âge les représentants de la communauté de Montauroux appelés consuls.


Abréviations :



AD 06 : Archives Départementales des Alpes-Maritimes.

AD 13 : Archives Départementales des Bouches du Rhône.

AD 83 : Archives Départementales du Var.

ACM : Archives Communales de Montauroux.

BNF : Bibliothèque Nationale de France.

IGN : Institut Géographique Nationale.




Références archivistiques :




909 : Cartulaire « A » de l’abbaye de Cluny. (BNF, NAL 1497). 

IXe siècle : Polyptique de Wadalde. (AD 13, 6 G 1). 

XIe : Cartulaire de l’abbaye de Lérins. (AD 06, H 10). 

1314 : Délimitation des territoires de Callian et Montauroux. Copie du XVIIIe siècle. (ACM, DD n°1)

1443 : Acte de vente passé (devant Jacques Honorati, notaire à Fayence), le 3 mars 1443 par maître Antoine Amiel, tisserand de Callian, à Jean Aragonès, du même lieu. (AD 83, 3E 100/310)

1446 : (7 février) - Hommage et reconnaissance prêté par Guillaume Rostang dit Claret à noble Delphine de Cormis. Copie du XVIIIe siècle (AD 83, 10-J-12)

1463 : (25 juillet) – Extrait d’hommage et reconnaissance prêté par Simon Latil à Mr de Villeneuve. Copie du XVIIIe siècle. (AD 83, 10-J-12)

1469 : Fixation des limites entre les territoires de Tournon et de Montauroux. Copie du XVIIe siècle. (AD 83, Cartulaire de l’évêché de Fréjus, volume 2, ce cartulaire est conservé au Diocèse de Fréjus-Toulon et a été numérisé par les Archives départementales du Var.)

1470 : (3 mars) – Extrait d’hommage prêté par Honoré Theusse à Antoine de Villeneuve. Copie du XVIIIe siècle. (AD 83, 10-J-12)

1497A : Autorisation donnée par l’évêque Nicolas de Fiesque autorisant Urbain Codenii à construire un four à pain dans sa maison située a la Barriera sur le chemin de la Colle de Narbonne. (AD 83, Cartulaire de l’évêché de Fréjus, volume 2)

1497B : (30 mars) Acte de vente d’un jardin à la Rouguière passé devant maître Raymond Honoré, notaire à Fayence (AD 83, 3E 100/321, vues 103 à 105)

1560 : Cadastre de Callian (AD 83, CC 1, E 9/12)

1599 : Cadastre. (ACM, CC n°1)

1622 : Cadastre. (ACM, CC n° 2)

1624 : Sentence arbitrale concernant les limites de Montauroux et de Callian. (AD 83, E DEPOT 9 / 85, FF 134)

1636 : Cadastre. (ACM, CC n° 3)

1650 : Cadastre. (ACM, CC n° 4)

1701 : Cadastre. (ACM CC n° 8)

1769 : Cadastre. (ACM, CC n° 11)

1790 : « Encadastrement des terres & biens privilégiés de Messire de Lombard, marquis de Montauroux ». (ACM, CC n° 192).

1792 : Cadastre. (ACM, non coté)

1793 : Biens Nationaux, Emigré Jean-César de Pontevès (Seigneurie de Tournon). (ACM, N)

1839 : Cadastre « napoléonien » (AD 83, 3PP_081_01 à 3PP_081_24)

2018 : Cadastre actuel. 




Références cartographiques :




1780 (Vers) : Carte générale de la France. N° 169, [Antibes]. Établie sous la direction de César-François Cassini de Thury. (BNF, département Cartes et plans).



1778 (Vers): Carte des Frontières de l'Est de la France. (Cartothèque de l’IGN à Saint-Mandé).


1935 : Carte IGN au 1/20 000, Fayence n° 8.


2015 : Carte IGN au 1/25 000, Fayence 3543 EST.



Bibliographie :




BERGH (A.) - Études d’anthroponymie provençale. Les noms de personne du polyptyque de Wadalde (a. 814), Göteborg, 1941.


BERNARD (A.), BRUEL (A.) - Recueil des chartes de l'abbaye de Cluny. Tome 1 : 802-954, Paris, Imprimerie nationale, 1876. 


IOGNA-PRAT (D.), ROSENWEIN (B.), BARRAL i ALTET (X.), BARRUOL G.) - Saint Maïeul, Cluny et la Provence. Les Alpes de Lumière n°115, Mane, 1994.


GUÉRARD (B.) - Cartulaire de l'abbaye de Saint-Victor de Marseille, Paris, 1857, 2 vol. (Collection des Cartulaires de France, VIII). 


MISTRAL (F.) - Lou Tresor doù Felibrige, dictionnaire provençal / français, Paris, 1886 ; réédition Edisud, 1986, (2 vol.).


MORIS (H.), BLANC (E.) - Cartulaire de l'abbaye de Lérins : 1ère partie, Paris, 1883.


ROSTAING (C.) - Essai sur la toponymie de la Provence, depuis les origines jusqu'aux invasions barbares, Paris, 1950.


SAUZE (E.) - Le polyptique de Wadalde. Problèmes de toponymie et de topographie provençale au IXe siècle. Provence Historique, tome XXXIV, fasc. 135, 1983.


SAUZE (E.) - L’habitat castral au bas Moyen Âge en Provence. In : la Provence et Fréjus sous la première maison d'Anjou : 1246-1382. Aix-en-Provence : Presses universitaires de Provence, 2010.

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